les passagers

coproduction anthéa, cie eugénie andrin

 

 

 

création les 12 et 13 mai 2015 à anthéa

chorégraphie Eugénie Andrin,

en collaboration avec les danseuses Jeanne Chossat

et Marie-Pierre Génovèse

musique Mikhaël Gautier
scénographie et lumière Laurent Castaingt

réalisation du décor et accessoiriste Sylvie Châtillon

costumes Aurore Lane
photos Camille d’Antonio
vidéo et montage Kevin Delanne

Durée 1h
 

 

 

 

Evoluant au milieu de centaines de petits sabliers, l’humanité tente de se frayer un passage.

Une danse de la vie, éphémère, sous le regard du temps qui l’épie.

 

Les Passagers, ici, sont ceux qui ne font que passer. Ils dansent le passage éphémère de toute chose sur Terre. A l’origine de toute vie humaine, il y a l’infiniment petit qui grandit jusqu’à être absorbé par un tourbillon vital. Tout commence par un point lumineux sur deux corps imbriqués au centre de la scène. Puis ce rai de lumière s’élargit, les corps se détachent et partent dans une spirale, avalés par le cercle... Ils vont vivre leur vie, c’est à dire leur danse. Face à un thème qui pourrait paraître grave, l’humour et la légèreté sont omniprésents. Les pointes et leur équilibre aléatoire reflètent la fragilité de la vie : tout peut basculer à tout moment.

Musique, scénographie et lumières se mettent au service du spectacle pour dire le passage du temps. 

LE TEASER

 

 

 

La scénographie : le sablier

 

Le décor composé de 1900 petits sacs de sable évoque le sablier qui mesure le temps qui s’écoule.
Répartis sur toute la surface de la scène à différentes hauteurs, 12 petits sacs supplémentaires sont détruits au fur et à mesure de l’avancée de la pièce, se transformant en douches de sable ou en nuages de fumée éphémère. 

 

 

 

La lumière

 

La lumière étant d’une importance extrême dans ce spectacle, nous avons fait appel à l’éclairagiste de renom, Laurent Castaingt.

 

C’est un véritable jeux d’ombres et de lumières qui se créé sous forme de contres-jours et de couloir lumineux où l’humanité se retrouve et se perd.

 

 

 

 

Tout comme la chorégraphie, la lumière joue aussi avec les différences de hauteur. Au début de la pièce des rasants très bas éclairent les danseurs au sol qui s’amusent à sortir une tête ou un bras hors du champs lumineux, dans l’ombre d’un avenir incertain, comme des enfants qui ont hâte de grandir et veulent impatiemment aller plus vite vers l’inconnu.

 

Puis l’avenir se dessine un peu plus chaque jour, rendant plus restreinte cette part d’ombre qui plâne sur notre enfance, et faisant plus de place à la lumière au fur et à mesure que l’on grandit.
Les latéraux s’illuminent de plus en plus haut immergeant totalement de lumière les danseurs : c’est l’aboutissement, tout est dévoilé et mis en lumière.

 

Jusqu’à ce que l’ombre inévitable, tel un voile de lumière noire, écrase et opresse les danseuses. Comme noyées par le haut, elles tentent de «respirer» le dernier rayon de lumière au sol, comme leur dernier souffle, avant d’être totalement immergées. 

 

 

La musique

 

Mikhaël Gautier, jeune compositeur de talent (1er Prix Paris Jeune Talent, 1er Prix Printemps de Bourges et 1er Prix ADAMI musique en ligne), a composé la musique.

La matière musicale fait partie intégrante du projet, composée en simultanée avec la chorégraphie.

 

Très explicite au début de la pièce, la musique évoque les différentes étapes traversées par l’être humain au cours de sa vie.

A la moitié de la pièce, cette musique est reprise à l’envers, jouant avec les accélérés, les bugs, les ralentis, intégrant des bruits sourds, étranges... elle évoque une régression, le film de toute une vie écoulée qui se déroule avec ses défaillances, ses blessures. 

 

 

 

L’écriture chorégraphique

Les pointes contemporaines

 

"Issue du milieu de la danse classique, j’ai remarqué que la technique des pointes perdurait dans les grandes compagnies classiques ou dans les maisons d’opéras, mais que peu de jeunes compagnies de petite taille l’utilisait. Or il est un peu dommage d’abandonner les pointes alors que cette technique est enseignée pendant des années à l’école de danse. Les pointes procurent à l’artiste des sensations uniques, permettant un travail de recherche d’équilibre et de déséquilibre, développant une amplitude de mouvements décuplée, du fait d’aller au-delà des possibilités de l’être humain.

 

L’impact sur le public est aussi à prendre en compte, lui donnant la sensation d’assister à quelque chose d’assez unique et spectaculaire, car de plus en plus rare.

 

La technique sur pointe est le fruit d’un travail rigoureux, mais celui-ci étant acquis, elle peut être source d’amusement et révéler une chorégraphie riche de fantaisie et de surprises.
Il ne s’agit pas d’un travail apparenté à ce que l’on appelle le langage «néoclassique», dans le sens où l’utilisation de la pointe se fera par rapport au mouvement et non pas, par rapport à la forme.

On a toujours, associé à l’image convenue de la danseuse sur pointes, un idéal de perfection, d’équilibre, d’esthétisme, de jolies lignes, des prouesses techniques... Mais ce n’est pas parce que l’on a les pointes aux pieds que la chute n’existe pas, tout comme les déséquilibres, les pieds cassés, les appuis instables... Ce ne sont pas des gestes interdits, cela fait aussi parti du mouvement et cela existe aussi avec les pointes.

Ce n’est pas forcément inesthétique, c’est une autre palette du mouvement qu’il est intéressant de montrer et d’exploiter.

 

Pour moi qui suis issue de l’école classique, la technique de la pointe est associée à des règles qui obstruent en quelque sorte le mouvement et le font entrer dans un cadre habituel. C’est pour me débarrasser de cela, sortir du cadre et le faire voler en éclat que j’ai choisi d’aborder une gestuelle contemporaine, vierge de toutes ces «lois», afin de rechercher un mouvement neuf, débarrassé de toute contrainte.

Ce travail de recherche de mouvements sur pointes ouvre un champs de possibilités et de créativité extrêmement riche et varié, jusqu’à créer une écriture chorégraphique, la véritable matière de ce qui constitue la base de la pièce.            

 

               Eugénie Andrin

 

 

Laurent Castaingt

Concepteur lumière et scénographe

 

 

Très tôt, Laurent Castaingt se destine aux techniques du spectacle et plus particulièrement à celles de la lumière. Depuis plus de 25 ans, il partage son temps entre Théâtre et Opéra, cherchant toujours à diversifier les genres.

Il poursuit depuis plusieurs années une longue collaboration aux côtés de personnalités aussi diverses qu’Alfredo Arias, Bernard Murat, Jean-Louis Grinda, Richard Brunel, Jean-Claude Auvray, René Loyon, mais on le retrouve également avec Karel Reisz (lorsquecelui-ci est venu monter Pinter à Paris), le chorégraphe franco-japonais Hideyuki Yano, Roman Polanski (Ibsen au théâtre Marigny), Ge- rard Desarthe & François Marthouret pour Söderberg, Lesage & Le Clezio, Sylvie Testud lorsqu’elle a monté au théatre son roman «Gamines», Laure Duthilleul avec Patrik Ourednik, Madeleine Marion pour Claudel et Hugo, Pierre Barrat et Marie-Noël Rio pour de nombreuses créations contemporaines, Jean-Claude Be- rutti à l’opéra et au théâtre, M.P Osterrieth et Michèle Bernier dans l’univers du stand-up, Vincent Delerm pour une série de concerts, Alain Delon pour chacune de ses apparitions sur scène et d’autres encore.

Il a travaillé sur les plus grandes scènes: Opéra Bastille, Volksoper de Vienne, Liceu de Barcelone, Opéra de Monte-Carlo, Teatro Colon à Buenos Aires, Opéra de Hong-Kong, Chorégies d’Orange, mais également à l’Olympia, au Bataclan, à la Comédie Française, au Théâtre de l’Odeon, Théâtre de L’Athénée, Théâtre Edouard VII, Teatro Valle à Rome, Sporting de Monaco etc..

Son travail sur la lumière et l’espace l’a conduit à créer également les scénogra- phies de certains spectacles avec Jean-Louis Grinda (Les Contes d’Hoffmann
à Monaco & Hong-Kong, Duello Amoroso à Monaco et à Bordeaux), avec Elsa Rooke (Transformations de C.Suza, Postcards from Morocco de D.Argento, ainsi que Midsummernightʼs dream de B.Britten à Lausanne), Salome de R. Strauss (Monaco, Liège et Vienne) et Reigen de P. Boesmans (CNSM de Paris) avec Mar- guerite Borie.

Ses recherches sur la matière lumineuse et la nature ont aussi donné lieu à une installation en extérieur à Genève: Ecorces Vives, ainsi qu’une collaboration avec le dessinateur F.Schuitten pour Planet of Visions dans le cadre de l’Exposition Universelle Hanovre 2000.

Il a reçu 3 nominations au Molière de la meilleur lumière.